Neohelicon, 2026 (AHCI, Scopus)
Georges Simenon, étant l’un des auteurs de romans policiers francophones les plus traduits en turc s’impose comme un corpus assez pertinent pour analyser la part des traductions de romans policiers francophones à la genèse du roman policier en Turquie. Dans cette perspective nous avons dressé un projet dont le but est de révéler les phénomènes de transfert et de diffusion, et la place des œuvres traduites de Simenon dans l’espace socio-littéraire de l’époque. Ce faisant nous avons essayé de décrire l’itinéraire des traductions de Georges Simenon. Ce travail nous a amené enfin à étudier de plus près ses traductions. Cet article constitue donc la deuxième étape de ce projet de recherche. Nous avons examiné de près la traduction de Maison du juge de Simenon dont la traduction turque est réalisée par Hüseyin Boysan et publiée par la maison d’édition Nisan. En s’inscrivant dans le cadre théorique de la traductologie littéraire, l’article a pour mission de dévoiler la métamorphose subie dans le style, l’atmosphère et la construction narrative du texte original dans le contexte éditorial et culturel de la Turquie. Cette transformation met en évidence non seulement les pratiques de traduction dans l’édition turque de l’époque, mais aussi la manière dont le roman policier de Simenon est reconfiguré selon le lecteur cible. La traduction a été examinée par l’analytique des tendances déformantes d’Antoine Berman qui nous a permis de démontrer cette métamorphose. En conséquence nous avons déterminé que le texte traduit s’est transformé en un roman policier stéréotypé, simplifié, dépourvu de ses caractéristiques textuelles et stylistiques, dans lequel presque toutes les caractéristiques de la série des Maigret ont été éradiquées.